Sur les forums d'investissement, la question revient sans cesse : faut-il faire du momentum ou de la value ? La formulation elle même pose problème. Elle laisse penser qu'il faudrait choisir un camp, comme si les deux approches se disputaient le même terrain. En réalité, elles répondent à deux questions différentes, et c'est justement pour ça qu'elles peuvent cohabiter dans une même stratégie.
La value : acheter ce que le marché boude
La logique de la value est ancienne et intuitive. Elle consiste à repérer des actions, des secteurs ou des marchés qui se traitent à un prix bas par rapport à leurs fondamentaux : bénéfices, actifs, chiffre d'affaires. L'idée est simple : si le prix a trop baissé par rapport à ce que l'entreprise vaut réellement, il existe une marge de sécurité et un potentiel de retour à la normale.
Cette approche a une histoire solide et des défenseurs sérieux. Mais elle a aussi un défaut connu : un actif peut rester bon marché longtemps, parfois pendant des années, parce que le marché a de bonnes raisons de le délaisser. La value demande de la patience, et parfois beaucoup de patience, sans garantie que le retournement arrive.
Le momentum : suivre ce que le marché confirme
Le momentum part d'un constat différent. Ce qui a bien performé récemment a tendance à continuer à bien performer sur les mois suivants, et inversement pour ce qui a mal performé. Ce n'est pas une prédiction sur la valeur intrinsèque d'un actif, c'est une observation sur la persistance des tendances. Tu peux retrouver le détail de ce mécanisme dans notre article qu'est ce que le momentum en bourse.
Le momentum ne cherche pas à savoir si un actif est cher ou bon marché. Il cherche à savoir si la tendance est confirmée, et il ajuste régulièrement son classement pour suivre ce qui fonctionne réellement, plutôt que ce qui devrait fonctionner sur le papier.
Pourquoi ils se complètent plutôt qu'ils ne s'opposent
Sur le papier, momentum et value semblent contradictoires. La value achète ce qui a baissé, le momentum achète ce qui a monté. Mais ces deux facteurs ne captent pas la même source de rendement, et c'est précisément ce qui les rend complémentaires quand on les combine plutôt que de les opposer.
| Critère | Value | Momentum |
|---|---|---|
| Ce qu'il regarde | Le prix par rapport aux fondamentaux | La tendance récente des prix |
| Horizon typique | Plutôt long, parfois plusieurs années | Plutôt moyen terme, quelques mois |
| Moment favorable | Retournements de marché, sorties de crise | Phases de tendance établie |
| Risque principal | Rester bon marché longtemps sans retournement | Retournements brutaux après une longue tendance |
Les périodes où la value souffre le plus, souvent des marchés en tendance forte et prolongée, sont justement celles où le momentum tend à bien se comporter. Et inversement, les phases de rotation brutale, où les tendances s'inversent d'un coup, sont plus difficiles pour le momentum mais peuvent profiter à des stratégies value. Ce n'est pas une garantie, c'est une logique de diversification des sources de rendement.
Ce que ça implique pour la construction d'un portefeuille
Concrètement, ça ne veut pas dire qu'il faut absolument détenir les deux facteurs à parts égales, ni qu'un mélange automatique règle tout. Ça veut dire qu'il faut être honnête sur ce que chaque approche fait et ne fait pas.
- Le momentum répond à la question du où : quels marchés, secteurs ou actions montrent actuellement la dynamique la plus forte, sans essayer de deviner le bon moment pour entrer ou sortir globalement du marché.
- La value répond davantage à la question du combien : est ce que le prix payé reflète une décote réelle par rapport aux fondamentaux.
- Combiner les deux dans un portefeuille peut réduire la dépendance à un seul régime de marché, mais ça complexifie aussi le suivi et demande de comprendre pourquoi chaque poche existe.
Si tu utilises déjà une approche momentum, l'idée n'est pas forcément de tout mélanger avec des critères value dans le même filtre. Une piste plus simple consiste à garder le momentum comme moteur principal de sélection, et à s'en servir en complément d'une réflexion plus large sur la diversification, un peu comme dans la logique décrite dans notre article sur le dual momentum.
Les limites à garder en tête
Aucun de ces deux facteurs n'est infaillible, et il faut le dire clairement. Le momentum peut traverser des phases de retournement rapide, où les classements changent brutalement et où suivre la tendance coûte cher à court terme. La value peut rester à la traîne pendant des périodes longues, parfois plusieurs années, sans que le retournement espéré n'arrive.
Combiner les deux ne supprime pas ce risque, ça le répartit différemment. Et aucune combinaison de facteurs ne dispense de réfléchir à sa propre tolérance aux pertes ou à l'horizon de placement. Sur ce point, notre article sur le drawdown et la limitation des pertes peut aider à poser les bonnes questions avant de choisir une allocation.
Chez MomentumRadar, on ne prétend pas trancher entre momentum et value à ta place. On te donne un classement objectif et recalculé chaque mois des pays, secteurs, industries, actions et devises selon leur dynamique, pour que tu puisses construire ta propre réflexion en connaissance de cause. Essai gratuit de 14 jours.
Cet article est fourni a titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Investir comporte un risque de perte en capital.