Le dual momentum est probablement l’approche momentum la plus connue, parce qu’elle règle d’un coup les deux problèmes de l’investisseur : quoi acheter, et quand ne rien acheter du tout.
Le principe, en deux questions
Le mot « dual » vient de là : on pose deux questions successives à chaque rebalancement.
- Question 1, le momentum relatif : parmi mes actifs candidats, lequel est le plus fort ? On garde le gagnant.
- Question 2, le momentum absolu : ce gagnant est-il lui-même en tendance haussière ? Si oui, on l’achète. Si non, on reste en cash.
Pourquoi la deuxième question change tout
Sans elle, on détient toujours « le moins mauvais » des actifs, même quand tout s’effondre. Être le moins mauvais dans un krach, ça reste perdre beaucoup. Le momentum absolu est le garde-fou : quand rien ne monte, on sort. C’est ce qui amortit les grosses baisses, et donc ce qui rend la méthode tenable psychologiquement.
Un exemple concret
Imaginons deux candidats : les actions américaines et les actions internationales. Chaque mois, on compare leur force. Les américaines gagnent ? On regarde ensuite si elles sont en tendance haussière sur les douze derniers mois. Oui, on investit dessus. Non, on passe en cash, même si elles battent les internationales.
Les limites à connaître
Le dual momentum n’évite pas les faux départs : lors d’un marché nerveux, on peut sortir puis rentrer à perte plusieurs fois de suite. C’est le prix de la protection. Il sous-performe aussi les marchés haussiers euphoriques, puisqu’il reste prudent. En échange, il limite les drawdowns, et c’est souvent ce qui fait la différence sur dix ans.
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